Ami de Degas, ce peintre raffiné et inclassable est resté trop longtemps négligé par l’histoire de l’art. Un documentaire d’Arte répare cet oubli, ce dimanche.

Portraitiste de la haute société, James Tissot (1836-1902) a saisi, derrière les mondanités, les mutations de son temps. À la faveur d’une exposition au musée d’Orsay, à Paris, une plongée dans l’oeuvre multiforme d’un artiste insaisissable.

Japonaise au bain – 1864

S’il a renié son prénom fleurant bon la bourgeoisie provinciale du XIXe siècle pour succomber à l’anglomanie de son époque, James Tissot, né Jacques-Joseph Tissot en 1836, a conservé de son enfance nantaise une inclination pour la religion, les ambiances portuaires et les tissus – son père est marchand de soie, sa mère, modiste. Formé aux Beaux-Arts de Paris et maître des étoffes – des costumes médiévaux aux kimonos japonais.

Portrait de Mademoiselle L.L. – 1864

Il devient le peintre fétiche de l’élite du Second Empire suite à son « Portrait de Mlle L. L. » (1864), à la silhouette furieusement à la mode. Si certaines de ses toiles fraient alors avec l’impressionnisme, cet admirateur d’Ingres et ami de Degas reste attaché à la figure humaine, plus rémunératrice.

Portsmouth Dockyard – 1877

Après la guerre franco-prussienne, pendant laquelle il participe à la défense de Paris et croque les combats pour le « Morning Post », Tissot rejoint l’Angleterre en mai 1871. La bonne société victorienne défile sous ses pinceaux discrètement ironiques et l’argent coule à flots, lui laissant le loisir de capturer des scènes plus triviales pêchées dans le port de Londres.

Ce que voyait Notre-Seigneur sur la Croix – Entre 1886 et 1894

Bientôt, les traits délicats de Kathleen Newton, divorcée irlandaise et mère de deux enfants, colonisent son œuvre. Après la disparition de sa compagne, en 1882, le peintre regagne la France, où il se consacre au cycle « La femme à Paris », à des sujets mystiques ou à des illustrations de la Bible, nourries de ses voyages en Palestine.

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